6 janvier 2016

Exposition "Ponctuation: légendes urbaines."
Dates : Du 19 Janvier au 2 Février 2016
Lieu : La Pop Up Galerie de la Favela Chic, 18, rue du faubourg du Temple
Vernissage en présence des artistes photographes, mercredi 20 janvier à 19 heures.
Tirages réalisés sur papier Canson® Infinity Baryta Photographique 310 g/m².

"Ils sont douze photographes, originaires de huit nationalités différentes et ont en commun d'avoir été formé à la même école EFET. Par une exposition collective initiée par Lisa Vivier, galeriste, et Dominique Anguise, leur professeur, ils confrontent leurs libres visions de l'existence dans un contexte urbain, prise en des aspects aussi précis et forts que l'apparence, le repère ou l'émotion.
Genre immémorial et promis à un perpétuel renouvellement, le portrait est représenté par cinq auteurs exclusivement féminins : Kelly Castigliolo, Gilar Farjah, et Sonia Lumière sondent en noir et blanc le mystère de l'identité et de l'appartenance, quand Ming Pan et Dahee Zoe reviennent aux critères esthétique légués par les maîtres anciens de la peinture européenne, pendant classique aux orientations post-modernes de Rujia Wang.
La maison, la ville, la polis, considérées comme autant d'enveloppes de l'humanité et de leurs contemporains sont au cœur des recherches de cinq autres jeunes artistes. C'est d'abord, avec Dimitri Levert, un regard interrogé sur une usine en déshérence, dont les traces du travail et de la vie sont promises à l'oubli sinon à la destruction, c'est aussi le regard distant de Dominique Masson sur certaines demeures de bord de mer, signes extérieurs de richesse photographiés comme autant de vestiges de fortunes d'un certain âge d'or industriel. De son retour à son Japon natal, Yurina Nihara s'étonne d'en avoir une perception altérée par ses années passées en Europe. Elle s'inscrit dès lors dans le jeu du reporter étranger à son propre pays pour réaliser de la ville de Kyushu un document d'intention objective, sans tendresse ni caricature. Un peu plus loin, et par le biais esthétique et trivial des lignes roses ou bleue d'une singulière adduction d'eau imposée à la ville de Berlin par une nappe phréatique trop haute, Alain Hoa revisite en esthète la capitale allemande, rendant à l'Est et l'Ouest une forme inattendue de réunification.
Formes et couleurs dominent encore le travail de Pianpian Jin sur les architectures cubiques sinon cubistes de l'habitat grec des Cyclades, juxtaposant ses aplats de couleurs vives et le blanc de la chaux au bleu soutenu du ciel. Double réminiscence enfin chez Alex Alexova qui produit un premier travail, "ADN", relecture d'anciennes photographies de famille par laquelle la jeune photographie entend renforcer la filiation entre ses enfants nés en France et ses racines bulgares, et  "Carré blanc", étude formelle de formes abstraites photographiées, lointain écho au Carré noir de Malévitch de 1915, et ponctuation esthétique d'une œuvre à venir."
Hervé le Goff
Texte à paraître dans Photographie.com